La solidarité en agriculture, élargissons nos horizons
Solidarité internationale en agricultureMarcel Briffaud, agriculteur dans le canton de la châtaigneraie et aujourd’hui président de l' AFDI:" Autrefois plusieurs organismes (CER, Groupama coopératives…) se sont regroupés pour faire face à la sécheresse du Seychelle dans les années70. Prise de conscience du monde agricole qu’il fallait mettre en place une solidarité avec les pays d’Afrique. A été mis en place alors des « champs-école » puis des formations à la gestion et à la prévision en agriculture notamment au Burkina. Aujourd’hui, une troisième phase de partenariat s’ouvre sur comment être acteur dans notre propre environnement et négocier avec nos partenaires locaux africains des lois sur le foncier, sur la gestion de l’interprofession. Pour se faire, plusieurs axes de travail se sont développés : L’accueil basé sur les échangesentre pays(aujourd’hui entre 10 et 20 agriculteurs du Burkina viennent découvrir nos conditions de travail en Pays de la Loire). Cet échange culturel réciproque permet de Emergence des jeunes dans les responsabilités professionnels et négociations avec les partenaires politiques. Dans les années 90, contenu de la dette au Burkina, les politiques se sont désengagées et ont diminué le personnel dans la santé, l’administration, l’éducation ce qui a créé un retard de développement. Aujourd’hui il faut relancer la dynamique et mettre l’agriculture au cœur du développement. Ce pays est en forte progression démographique, il a doublé sa population en 20 ans et a su la nourrir. Il faut lui laisser cependant sa place et se protéger dans ce contexte international. Hélène agricultrice et animatrice au Burkina"Nous avons une saison humide de 2 mois et une saison sèche de 9 mois sans eau. J’habite au nord du Burkina où il y a très peu de retenu d’eau. La gestion de l’eau est primordiale. Je défends le statut des femmes et des agriculteurs dans mon pays. L’agriculture au Burkina nord, c’est 300 m² ou 600 m² par famille. Nous n’avons pas accès au crédit (surtout la femme). Donc les hommes ont plus de moyens pour récupérer les parcelles des femmes pour agrandir sa surface. Donc la femme est de plus en plus soumise dans la famille. Les femmes se sont donc retrouvé et ont monté une activité de vente de collier pour garder leurs terres. Chacune ont aujourd’hui 25000 francs CFA pour les maintenir dans les activités. Les femmes se réunissent pour acheter en commun (motopompe…) et mutualisent le travail des champs. Les producteurs burkinabais regardent vers les politiques et veulent mobiliser le gouvernement à leur problématique. L’accès au matériel est un des points essentiels au développement de l’agriculture. ON met en place des groupements en filière qui défendent auprès de l’Etat leur revendication. Quelles sont les points communs entre les 2 agricultures ?H, au Burkina, certaines pratiques françaises ne sont réalisent pas encore au Burkina, nous sommes là pour apprendre. MB : ce qui a changé entre nos deux pays, c’est la communication. Aujourd’hui au Burkina, le téléphone et internet passe presque partout ce qui facilite les échanges au jour le jour. Pour exemple, le soir même de la tempête Xynthia, un responsable agricole du Burkina téléphonait pour demander des nouvelles de ses amis français.
Joseph , ancien président de CUMA:"cela me rappelle la mutuelle « coup dur »...... qui avait été mis en place autrefois. Etait tenue en compte des heures à rendre et non de l’argent. Aujourd’hui en France, nos jeunes prennent des engagements en matière de solidarité. Eric Coutant mes échanges avec l’AFDI font tomber les barrières et on pense que l’herbe est plus verte dans le champ du voisin. En France le groupement d’employeurs dans tous les cantons répondent à 2 enjeux : les difficultés dans une exploitation (maladie, accident…) et faire face à la demande de main d’œuvre dans les exploitations qui ne peuvent pas embaucher en CDI.
Eric Coutant (secrétaire générale adjoint Chambre d’Agriculture de Vendée)La solidarité aujourd’hui se manifeste de plusieurs niveaux. Par exemple, au niveau national avec Xynthia, la solidarité ne s’est pas fait attendre. Tous les téléphones ont sonné le soir même pour envoyer des bétaillères, des tracteurs (sans penser aux conséquences comme la casse due au sel sur les tracteurs). Remettre les troupeaux dans des logements sains, retrouver des salles de traite pour les exploitants sans bâtiments…. 9 000 ha ont été touchés par la catastrophe. Un aspect psychologique important à traiter comme éviter les suicides les soirs des exploitants ruinés. Les agriculteurs de Vendée se sont mobilisés pour le nettoyage des exploitations. Plusieurs cantons se sont déplacés : les agriculteurs du bocage avaient un devoir moral à accomplir. Cependant les fourrages commençaient à manquer, la solidarité nationale a alors fonctionné. Chaque département parrainait une exploitation pour assurer le fourrage pendant un an. Nous nous sommes confrontés à certains règlements européens (minima). Sur les troupeaux ovins, la solidarité a également très bien fonctionné. J’insiste surtout sur le soutien moral essentiel à réaliser auprès des agriculteurs qui avaient tout perdu.et qui voyait son exploitation détruites tous les jours. Messages aux jeunes : il faut faire tourner nos organisations car un jour nous en aurons besoin. Bien préparer les tournants de demain (PAC, marché…) cela se fera par filière et la mise en commun. Le modèle de la PAC va nous obliger de renforcer nos organisations et nos filières. En France, la tendance va vers l’harmonisation des DPU ce qui veut donc signifier des solidarités entre agriculteurs européens, cela ne se fera pas sans contrepartie. Pour mettre en certaines situations, des scenettes ont été joué par la troupe de théatre...
Réactions des jeunes étudiants:Q:Les pays africains ne sont-ils pas plus heureux que chez nous ? Réponse H : nous ne sommes plus heureux que vous, nous avons nos propres contraintes. L’essentiel pour nous aujourd’hui c’est de se nourrir. En arrivant en France, j’observe qu’il y a beaucoup de gaspillage de nourriture et cela me révolte. La vie sociale en France est très différente : Au Burkina, il n’y a pas de maison de retraite, les générations suivantes veillent sur les anciens. D’ailleurs les retraites n’existent pas. Aujourd’hui j’ai 5 enfants et je nourris 4 enfants orphelins et cela est normal dans notre société. Question : La modernisation de nos systèmes agricoles nous a fait perdre certaines valeurs (fête du Battage…). Cela ne vous fait pas peur ? Le problème agricole d’aujourd’hui est l’isolement des exploitations, il faut donc réinventer la solidarité le groupement d’employeurs en fait partie. La solidarité se fait également au travers de la société. Le développement de la vente en directe en témoigne, les voisins se déplacent de plus en plus dans les exploitations pour découvrir nos produits et naturellement les acheter. La solidarité ne se décrète pas, elle se construit. Il ne faut pas malgré l’éloignement des exploitations d’aujourd’hui laisser cette valeur de côté.
Agriculture au cœur des choix de sociétés ?Christine Margetic (UMR ESO Nantes)Des agricultures et l’évolution des spécialisationsRaisonner l’agriculture aujourd’ hui est très complexe mais on peut la centrer sur 3 pôles
L’économie agricole renvoie à des zones de vente plus ou moins large en fonction des débouchés. Les logiques de territoires peuvent donc être différentes. Aujourd’hui on parle mois d’aménagement mais de développement qui se construisent autour de projets. Les spécialisations en agricultures se sont régionalisées. ON développe une structuration assez forte autour de l’élevage. L’agriculture biologique réintroduit de la diversité dans des systèmes qui se spécialisaient de plus en plus. La France se spécialise et ailleurs. Par exemple, la Chine a peu de terre pour nourrir le tiers de la population mondiale, de plus les meilleurs terres partent pour le développement économique. La Chine passe elle aussi par une agriculture subventionnée pour être plus autonome alimentairement. De plus, la Chine se tourne vers une alimentation carnée, elle devient donc un marché d’exportation. Leurs besoins vont donc fortement impactés les marchés puisque l’Asie représente la moitié de la population mondiale. Traditionnellement, un chinois consomme des produits laitiers à la naissance. Aujourd’hui cela change car ils consomment de plus en plus de yaourt. Ils ne seront pas des exportateurs car ils ne s’auto suffisent pas. Donc aujourd’hui, les demandes générales de nos acteurs au travers de nos plitiques agricoles sont :
Agriculture…face à l’évolution des politiquesLA dernière pac se tourne vers plus de durabilité. Une agriculture durable est une agriculture compétitive et respectueuse de l’environnement. C’est répondre aux exigences de nos citoyens en matière de qualité et de bien-être.
"Le financement de la pac 2014 2020 passera par plus de « vert » dans la conditionnalité des aides."Le monde agricoles est aussi impacté par les autres politiques (urbanisation…°) Les élus traitaient d’urbanisation et les agriculteurs d’agricultures. Aujourd’hui ces 2 monde se croisent de plus en plus et travaillent ensemble autrement, en développant de l’agriculture périurbaine (les ville comme Nantes, Angers investissent dans les moyens de productions agricoles pour conserver et rapprocher les producteurs de la ville). La question foncière est très importante et est aujourd’hui encadré par le grenelles de l’environnement (moindre consommation foncière) Schéma de cohérence d’urbanisation (suat), Les ZAP (zones agricoles protégées) sont de nouvelles zones qui protègent juridiquement les zones, seule les préfets peuvent les gérer et non les élus donc elles devraient rester agricoles. Existe aussi les Périmètres de Protection des Espaces Agricoles et Naturels Périurbains (seul le conseil constitutionnel peut revoir ces zones) Il ne suffit pas de protéger les espaces encore faut-il des repreneurs pour travailler ces terres. Au niveau international, plusieurs pays vont chercher leurs terres agricoles dans d’autres pays. Des produits de marque équitables commencent à être créer en France, cela interroge beaucoup sur ce qu’est l’agriculture aujourd’hui. L’empreinte carbone est aujourd’hui prise en compte et donc d’un point de vue environnementale, cette question sera de plus en plus importante. (exemple : 9115 km pour réaliser un yaourt en Allemagne) . Il faut développer le « locavore » : personne qui consomme du produit local 3. Table ronde solidarité agricoleJoseph Texier, Solidarité paysan85 :Auj
Véronique Besse présidente adjointe conseil général de Vendée Quelle vision avez-vous de l’agriculture vendéenne ? L’agriculture est un métier difficile mais il a beaucoup d’avenir. L’agriculteur est de nature pudique et ne parle pas de ses problèmes ouvertement (exemple : des agriculteurs demandent le RSA avec honte). C’est un métier dont on a besoin, le conseil général soutient l’agriculture vendéenne, comme par exemple :
Aujourd’hui le premier axe d’aides tourne autour des jeunes agriculteurs. Cette année une centaine de jeunes se sont installés en Vendée. Notre rôle d’élus, c’est la reconnaissance vis-à-vis de l’agriculteur dont on a besoin pour se nourrir et façonner notre environnement. Au niveau national, il faut stopper le développement de nouvelles normes et pouvoir protéger nos agriculteurs, ceci passera par plus de protection de l’agriculture française face à l’importation. « J’ai déposé une proposition de loi sur la possibilité de mettre sur l’étiquette la part revenant à l’agriculteur et la part venant aux autres intervenants ». Cette proposition de loi est en cours, en espérant qu’elle aboutisse. Il faut redévelopper la discussion entre agriculteurs et les politiques d’urbanisation. La concertation fait avancer les projets. M. Merlet Jean -Yves a remercié l'ensemble des participants ainsi que toute l'assemblée avant de clôturer l'AG.
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Cette Assemblée Générale 2011 de l'
mieux comprendre nos problématiques et les leurs. Et tous les 2 ans des agriculteurs des Pays de la Loire vont au Burkina.
ourd’hui 7500 actifs agricoles dont 1500 qui ont des difficultés. Solidarité paysan intervient à la demande des agriculteurs et hélas souvent trop tard. Les difficultés sont très variables : économiques, décès, maladie, conflits entre associés, entre propriétaires fonciers et locataires. On amène les gens à se confier et on les rencontre dans leur exploitation pour mieux comprendre les soucis. On force les personnes à se déplacer en centre de formation pour retisser du lien social avant tout. Aujourd’hui on compte 140 dossiers avec une évolution d’une vingtaine de dossiers en plus par mois. Depuis 1988, date de création, nous arrivons à 20 000 dossiers (deux tiers des personnes restent agriculteurs ce qui est encourageant). IL existe toujours des solutions comme réévaluer les dettes et les rééchelonner dans le temps, c’est accompagner les personnes au tribunal, ce qui n’est pas une démarche simple. Sur le plan des régimes matrimoniaux, certaines protections sont à prendre comme rendre le patrimoine insaisissable.






